[Edito] Bravo Lièvremont

Publié le par stephol07

"Tu m'emmerdes avec ta question". Cette petite phrase de Marc Lièvremont prononcée durant le mondial néo-zélandais pourrait être reprise par nombre de journalistes qui ont craché sur l'ex-sélectionneur du XV de France. Il suffirait de leur demander si Lièvremont était aussi mauvais qu'on a bien voulu nous le faire croire.

 

 

En effet, les Bleus ont su se réveiller contre l'Angleterre, battre le Pays de Galles pour finalement échouer en finale à un minuscule point des Blacks, bien aidés par l'arbitre. Ainsi, devant cet exploit manifeste d'avoir rivalisé et même dominé la meilleure équipe du monde, les joueurs tricolores avaient de quoi se congratuler. Voilà seulement qu'ils ont légèrement oublié un des principaux artisans de cet exploit. Ayant bien écouté tous les commentaires des Français, aucun mot gentil, même discret, n'a été glissé à l'égard du sélectionneur. La palme revient bien sûr au transcendant Imanol Harinordoquy, interrogé par le Midi Libre : "après la défaite contre le Tonga, je n'ai plus attaché d'importance à ce que disait Marc. On a décidé de se prendre en mains. Il fallait qu'on s'affranchisse de lui" a-t-il signifié après la finale avant de conclure froidement par un sympathique "il ne me manquera pas". Nul doute que lui-même manquera énormément au XV de France si Philippe Saint-André, le nouveau sélectionneur, ne le convoque pas. Malgré tout, on trouverait bien des personnes capables de donner raison à Harinordoquy.

 

 

C'est vrai, après tout, pourquoi pas ? Le groupe peut très bien être passé en autogestion et avoir ainsi fait des miracles. Marc Lièvremont donne la réponse à cette suggestion lors de sa dernière conférence de presse, effectuée par l'ex-sélectionneur car il avait "peur que vous (les journalistes) me manquiez et je voulais profiter de ces derniers moments". Sa réponse est basée sur le vécu :  "je me souviens de 1999, que j’ai vécu, et je voudrais rendre grâce à Jean-Claude Skrela. Je me souviens du Stade Français en 2000, où on a beaucoup parlé d’autogestion. Dans les deux cas, manque de pot, j’ai vécu cette situation, j’étais là. A chaque fois, on a parlé d’autogestion. Mais à chaque fois en fait, il y a eu quinze hommes en colère, qui se sont responsabilisés, accompagnés par le staff. Ç’a été le cas encore cette fois-ci et j’en suis très heureux pour les joueurs". Et, de toute manière, si l'on ne croit pas Lièvremont, on devra alors concéder son intelligence de s'être effacé devant ses joueurs.

 

 

"On fait des choix, qui sont forcément mal compris mais qu’il faut assumer. J’ai toujours eu de l’affection et du respect pour mes joueurs. Les semaines passant, j’espère que la totalité du groupe gardera un minimum d’estime pour moi". Espérons en effet que tous ne seront pas aussi aigris que le petit Imanol.

 

"Quand je vois les têtes d’idiots du village de ces quatre messieurs, je voulais les remercier pour toute cette aventure, toute leur amitié, leur solidarité et leurs compétences. On en a pris plein la figure pendant quatre ans. (Au bord des larmes)" a-t-il dit à l'adresse des membres du staff. Un bel hommage en signe d'adieu aux Bleus.

 

 

Certains avaient oublié que Marc Lièvremont, avant d'être sélectionneur du XV de France, était un homme et qu'il méritait, rien que pour ça, un peu plus de respect. Maintenant, ils n'ont plus qu'à s'incliner devant l'homme qui est devenu le sélectionneur français le plus proche de gagner la coupe du monde de rugby.

 

 

 

SRC

Publié dans Chroniques

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